La résilience nationale à l’épreuve
© JDM Le Mali vit un panaché de crises, des frustrations sociales aggravées par le problème énergétique et des difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures, qui continuent d’accentuer la vulnérabilité sociale et de fragiliser la résilience des populations, avec des interpellations sociales croissantes sur la gestion publique. Les arrangements géopolitiques, notamment le récent retrait de la reconnaissance du Mali à la RASD, un arrangement en faveur du Maroc, même s’il ne constitue pas une cause directe, contribue fortement à fragiliser les relations entre le Mali et l’Algérie. Cette tension, à son tour, risque de servir ou servirait de passerelle aux groupes extrémistes, qui exploitent toute fracture interétatique. Pour revenir aux récents événements tragiques, il est important de reconnaître la résilience du peuple face à ces épreuves et le soutien réaffirmé du peuple à l’armée malienne. Mais il est d’autant plus important de tirer les leçons de ces événements tragiques. Comment prendre en compte les frustrations latentes ou ouvertes des communautés, notamment celles liées à l’accès à l’énergie, aux services de base et à la justice sociale ? Comment fédérer le peuple malien autour d’un projet de société commun ? Il s’agit notamment d’aller au-delà d’une reconquête politique ou symbolique de la région de Kidal, en intégrant les dynamiques sociales de la région à travers des politiques publiques inclusives. Sans cette inclusion concrète, la reconquête resterait fragile et les frustrations locales continueraient de nourrir la défiance, voire l’instabilité. Les autorités doivent : Travailler sur les causes structurelles, en s’attaquant en priorité aux frustrations concrètes qui nourrissent la défiance entre l’État et les citoyens. Engager une réforme plus poussée du secteur de la sécurité. Proposer un plan de sortie de la transition qui s’inscrirait dans une continuité productive, en clarifiant la manière dont les attent...
Original source: Journal du Mali